L’autonomie professionnelle choisie

Qu’est-ce que le portage salarial ? Il s’agit d’un mode de fonctionnement proposé par des sociétés qui offrent tous les avantages de l’entreprise à des consultants, prestataires, formateurs, experts, pour pouvoir assurer leurs missions, facturer leurs clients, avoir un salaire et gérer leur activité en toute autonomie. Certains « porteurs » comme ITG mettent un accent particulier sur la formation, le travail en réseau, les clubs professionnels et divers avantages liés à leur taille (voir plus loin).

Comment a été créé le portage salarial ? Le portage salarial s’est développé, en 1986, à l’initiative de cadres licenciés de plus de 50 ans souhaitant retrouver le statut de salariés pour exercer des missions de consultants ou préparer une création d’entreprise. Il concerne maintenant toutes les tranches d’âges, jusqu’aux jeunes diplômés avec une passion ou une vision sur un créneau porteur et qui vont pouvoir se lancer, sans prendre de risques… La formule convient particulièrement bien aux seniors qui peuvent ainsi travailler à leur rythme…

Quelle différence avec l’intérim ? Un intérimaire remplace une case dans l’organisation : il a une mission régulière, des horaires précis, un lien de subordination avec la hiérarchie dans l’entreprise. Le « porté », au contraire, est un consultant extérieur : il n’a aucun lien de subordination avec le client (horaires libres, mission ponctuelle de conseil externe ou de formation). La société d’intérim fournit les missions alors que le « porteur » met en œuvre des moyens pour développer l’autonomie et le professionnalisme du consultant (formations dans le cadre du Dif, portail de missions www.missioneo.fr d’ITG…)

Comment décide-t-on de faire appel au portage salarial et quelle est l’attitude à adopter pour réussir ? Dès 45 ans, le cadre d’entreprise a souvent envie d’autre chose : plus de liberté, moins de stress, plus de variété… Il peut alors — non pas redouter — mais anticiper ou préparer une rupture (partielle) de son parcours, en faire une opportunité pour se centrer sur son expertise et envisager d’accéder à « l’autonomie professionnelle choisie ».
Mieux cerner ses talents, sa valeur ajoutée et ses préférences, capitaliser son expérience en devenant expert métier et en offrant ses services intellectuels pour des missions ponctuelles en entreprise ou ailleurs, gérer son temps à sa façon et répondre à un réel besoin du marché, créer son activité sans pour autant créer sa société avec les contraintes qui vont avec… : telles sont les habiletés auxquelles ITG prétend initier les seniors, en particulier, lors des journées mensuelles de marketing du conseil : « Découvrir le métier de consultant » qui sont offertes dans la majorité des régions (cf. www.itg.fr).
Parfois, c’est après des recherches d’emploi infructueuses que le senior se décide pour cette alternative, mais, de toute façon, s’il a l’âme d’un entrepreneur, il appréciera vite de devenir plus autonome, sans les inconvénients du libéral ou de la création de société…
Comment se déroulent ces journées de découverte du marketing du conseil ? Ces sessions permettent, chaque mois en région et chaque semaine à Paris, à une douzaine de consultants ou futurs consultants de s’informer sur le fonctionnement du portage salarial et, surtout, de comprendre les spécificités de la recherche de mission, de découvrir les bonnes pratiques, d’échanger sur leurs expertises et, éventuellement, de simuler une proposition d’intervention, avec le regard bienveillant des autres qui leur font part de leurs avis et de leurs perceptions. A la fin de la journée, ce miniréseau continue souvent à vivre… En tout cas, chacun en retire beaucoup d’enseignements sur lui-même et sur son aptitude à se « lancer » ou non dans une aventure en solo.

Comment trouver sa première mission ? En dehors de l’opportunité offerte par la banque de missions créée par ITG www.missioneo.fr qui permet à tout consultant (même non ITG) de recevoir sur simple demande des offres de missions, le consultant trouve généralement lui-même sa première mission (la plus difficile à trouver !), parfois après plusieurs mois de recherche... Ce sera de préférence dans son cœur de métier, dans un secteur d’activité connu (dont il maîtrise le vocabulaire, en particulier) et auprès de ses réseaux proches. La démarche est bien décrite dans le livre coécrit par Roland Bréchot, [1], directeur général d’ITG.
Il s’agit non pas d’envoyer un CV ou une plaquette au plus grand nombre, mais de cibler au contraire quelques organisations et de les observer, pour savoir comment les approcher, dans quel salon, via quel prescripteur potentiel… Car le plus efficace est de se faire recommander puis de rencontrer son client potentiel, sans a priori, en connaissant l’actualité de son secteur, et, surtout, de l’écouter ! L’important est en premier lieu, est de cerner son besoin et dans un deuxième temps, de proposer, une « note d’orientation » reformulant la problématique et la démarche « sur mesure » proposée, compte tenu de l’expérience acquise dans ce domaine.

Comment fonctionne le portage chez ITG ? Dès sa première mission [2] obtenue, le cadre devient consultant salarié (en CDD ou CDI à temps partiel, avec couverture sociale et droits communs à tout salarié).
Il gère son « compte » en direct sur intranet (demandes de facturation et déclarations d’activité). A tout moment, il peut suivre l’état de sa trésorerie et décider en accord avec l’entreprise d’investir (il peut par exemple s’acheter un ordinateur sur la trésorerie disponible de son centre d’activité…). ITG prélève sur le montant facturé une participation aux frais de gestion (de 6 à 12% suivant le niveau de frais gérés et le volume d’activité).
Le salarié porté bénéficie par ailleurs de nombreux avantages :
- formations « en parcours étudié », dans le cadre du Dif dès le premier jour de son contrat de travail (Quel consultant êtes-vous ? Découvrir ses cibles et son expertise ; les outils écrits ; la note d’orientation ; la négociation ; gérer son réseau ; les contacts sous Outlook ; construire une formation ; animer une formation ; etc.)
- mutuelle, Cesu, participation aux bénéfices, règlement de son salaire conventionnel (base Syntec), indépendamment du paiement de son client (qui est en général différé)
- appartenance possible à des clubs ITG, par métier ou par région (réunions, échanges de pratiques, organisation d’événements…) travail en équipe ou groupe projet, réponse à des appels d’offre à plusieurs…
- visibilité possible de son activité ou de ses témoignages sur le site ITG régional…
- information régulière sur l’actualité du portage salarial, actualité à laquelle ITG contribue de près (en tant que membre fondateur du principal syndicat du portage, le SNEPS – 2/3 du CA de la profession – et de l’Observatoire paritaire du portage salarial, OPPS, à Paris…)
- possibilité d’obtenir le remboursement de ses frais professionnels, même en dehors de ses journées facturées, les jours de « développement » de son activité étant considérés comme des jours travaillés normaux et rétribués comme pour tout salarié (par exemple : frais pour aller à un congrès ou visiter un client potentiel, frais administratifs, frais de poste, etc.)

Finalement, que retire le senior d’une telle formule ? Cette formule lui permet de prendre toute la mesure de son expertise et de son utilité pour la société… Elle lui offre l’occasion de travailler à son rythme, sans contraintes de chiffre d’affaires minimal ou de tâches administratives rébarbatives, de rencontrer d’autres consultants s’il le souhaite (pas seulement des seniors), de croiser les compétences et les préférences, de se faire connaître et d’organiser éventuellement des actions à plusieurs… Mais s’il préfère rester seul, personne ne viendra le solliciter… Il reste son propre patron !

Pour tout renseignement voir www.itg.fr ainsi que les sites régionaux d’ITG. Interview réalisée auprès de Christine Bisch, déléguée ITG pour le Rhône : rhone@itg.fr et www.rhone-alpes-itg.fr ; téléphone : 06 60 71 42 06.

[1] Consultants, comment trouver vos premières mission et développer votre business par Catherine Pompeï et Roland Bréchot (Dunod)

[2] Facturation : 350 euros / jour minimum ; 2000 euros pour la première mission au total (éventuellement sur plusieurs mois).